Objectifs

Le projet ALOA vise à alimenter les questions relatives à la gouvernance des espaces littoraux (latto sensu) face à leurs modes d’occupation et d’utilisation, aux risques auxquels ils sont exposés, et à leur développement socio-économique, culturel et politique tout en proposant des moyens d’action très concrets. En mettant l’accent sur les pressions de diverses natures que subissent ces interfaces vulnérables et sur leur impact en termes de pertes scientifique et patrimoniale, ce projet fédère décideurs, gestionnaires, scientifiques et citoyens dans une démarche de recherche-action participative.

Fondé sur un lien entre sciences et société, le projet a pour objectif général de développer une approche intégrée de connaissance et de gestion du patrimoine des zones côtières soumises à l’érosion naturelle et à la pression anthropique, dans le domaine géographique des îles françaises de la Caraïbe.

La démarche repose sur une approche novatrice de la vulnérabilité du littoral et de son patrimoine, impliquant un développement ciblé des connaissances scientifiques, une sensibilisation des communautés et une implication dans une démarche de science participative.

Le point de convergence entre les différents acteurs (chercheurs, gestionnaires du littoral et citoyens) est une approche territoriale permettant de nourrir collectivement les connaissances dans une perspective de sauvegarde, de gestion et de mise en valeur d’un bien commun : le patrimoine culturel littoral et maritime. La sauvegarde et l’alerte sur ce patrimoine menacé de disparition apparaît ici également comme un instrument potentiel sinon de cohésion sociale, du moins de partage. La construction des savoirs et leur restitution se feront ici sur la base d’une association entre chercheurs, usagers des rivages et acteurs de la gestion du littoral et public.

1 – La connaissance scientifique du patrimoine menacé repose sur le recueil des données (observation de terrain/enregistrement), à des échelles géographiques larges (atlas, inventaire) ou ponctuelles (fouille archéologique et analyses en laboratoire, datations, etc.) sur des sites particulièrement représentatifs, puis leur exploitation. Ce projet participe à la construction des savoirs, en fournissant non seulement des connaissances sur les anciens peuplements, mais aussi sur les mécanismes et le rythme des changements environnementaux côtiers passés et actuels, grâce à des jalons chronologiques précis.

2 – La démarche de science participative et la sensibilisation des communautés sont ici conçues à différentes échelles, depuis un « simple » niveau d’information jusqu’à une invitation du public à participer à la construction des savoirs, via des outils d’observation (interface/application web), existants et à adapter. Des facteurs comme l’importance du territoire considéré ou encore l’éloignement (îles) obligent les chercheurs, généralement basés près des pôles universitaires en métropole, à s’appuyer sur un réseau d’observateurs : particuliers, associations locales, agents territoriaux, gardes du littoral…La sensibilisation des publics et des gestionnaires repose sur des représentations de l’évolution littorale (2D et 3D, cartographie régressive…) croisant les données géomorphologiques, archéologiques et paléo-environnementales. Ce projet, fondé sur un dialogue entre chercheurs et usagers/gestionnaires, met en œuvre une recherche par et pour le public, ce qui constitue l’une de ses originalité.

Figure 1 – Plage des Raisins Clairs à St François, Guadeloupe. Les barrières et le géotextile protègent le cimetière de la période coloniale de l’érosion (cl. M.Y. Daire, mars 2018).