Génèse du projet

Certains programmes nationaux et transnationaux dédiés à l’archéologie préventive et participative existent déjà en Europe occidentale [1]. En France, depuis les années 1980, une équipe interdisciplinaire développe cette problématique qui a pris, depuis 2006, la forme du projet ALeRT (Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre) porté par le CReAAH, soutenu successivement par l’OSUR (Observatoire des Sciences de l’Univers de Rennes), la région Bretagne [2014-2015] et la Fondation de France [2016-2018] dans le cadre de son programme « Quel devenir pour le littoral Manche-Atlantique et son Patrimoine ? Apport de l’interdisciplinarité et de la science participative », ce qui a permis de développer un certain nombre d’outils et de consolider la réflexion. Cette démarche a naturellement trouvé sa place également dans la dynamique européenne du projet Interreg IVA -2 Mers Arch-Manche [4].

En 2015, la session « Cultural Heritage facing up to Climate Change, Sea Level Rise and Pollution » dans le colloque « Our common future under climate change » organisé à Paris par l’Unesco en préfiguration de la COP 21 fut le cadre d’échanges internationaux entre spécialistes et les porteurs du projet ALeRT furent invités à présenter une communication aux États-Unis, dans le cadre du colloque « Climate change Impacts : creatingresilient cities and sites » [2] , occasion pour nos collègues américains de souligner le caractère innovant du projet et l’intérêt d’« exporter » cette dynamique outre-Atlantique, dans des régions où le patrimoine culturel n’est pas encore suffisamment pris en compte dans la problématique des changements globaux et de leurs effets sur les zones côtières.

Afin d’analyser la pertinence d’un développement vers la zone Caraïbe, la période 2016-2018 a été mise à profit pour contacter puis réunir divers acteurs locaux, principalement sur les îles de Guadeloupe, Saint-Martin et Porto-Rico [3], et à confirmer l’intérêt et la faisabilité de développer une telle démarche sur ces territoires. La dimension internationale du projet sera développée indépendamment des recherches sur les îles des départements français d’Outre-Mer.

[1] SCAPE en écosse, Rapid Coastal Zne Assessment Survey et CITiZAN en Angleterre, Med ARCHI et NoeCortodata en Méditéranée. Voir DAWSON T., NIMURA C., LOPEZ-ROMERO, E. & DAIRE, M.Y (eds.), 2017 – Public Archeology and Climate Change. Oxbow Books, Oxford, 208 p.

[2] Archéologie, art et patrimoine côtier – Outils pour soutenir la gestion du littoral et la planification du changement climatique de part et d’autre de la Manche, 2011-2014 ; France, Royaume-Uni, Pays-Bas et Belgique.

[3] Colloque organisé par ICOMOS (International Council on Monuments and Sites) et NAPC (National Allicance of Preservation Commissions), 28-30/07/2016, à Mobile, Alabama (Etats-Unis).

[4] Cette partie du projet a été soutenu par la MSHB (Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne), dans le cadre de son axe « Atlantique, Amérique, Armorique ».